Aller au contenu principal

Caprins
De l'élevage à la boutique, une chèvrerie moderne qui facilite le travail

La chèvrerie Les Fromages de chèvre Moret, à Tancrou (Seine-et-Marne), est installée dans un bâtiment neuf en bois. Du bâtiment d’élevage à la vente, tout est pensé pour faciliter le travail des exploitants et de leurs cinq salariés.

Depuis le 16 octobre, la troupe de chèvres de la famille Moret, à Tancrou (Seine-et-Marne), a intégré un nouveau bâtiment en bois. Construit à l’extérieur du village, la chèvrerie regroupe l’élevage, une nurserie, une salle de traite, la fromagerie et un espace vente/accueil sur le même site.

En entrant dans l’élevage, début mars, pleine période des mises bas, l’ambiance est calme et sereine. Les 200 chèvres sont réparties des deux cotés — d’une longueur de 15 m — d’un large couloir central de 5 m de long.

À l’avenir, la troupe devrait monter à 320 têtes sur trois-quatre ans, uniquement en gardant les chevrettes de l’élevage.

« Nous avons fait le choix d’une structure entièrement en bois car on voulait quelque chose de beau, chaleureux. Cela crée aussi une ambiance plus calme », explique Mathilde Reygrobellet, l’une des exploitantes des Fromages de chèvre Moret, qui travaille sur l’exploitation familiale aux côtés de son frère, Clément Moret, et de son cousin, Bertin Moret.

Autour de ce bâtiment, construit par une entreprise française, la société Roiné, deux hectares de pâtures permettront aux chèvres de sortir même si l’alimentation sera toujours apportée à l’intérieur.

Alors que dans les anciens bâtiments, aménagés dans le corps historique de la ferme datant du XVIIe siècle, l’alimentation se faisait au seau, maintenant tout est automatisé.

Un robot Méchineau distribue trois fois par jour l’alimentation composée de produits locaux : le maïs des Graines de mon village, à Ocquerre (Seine-et-Marne), la pulpe de betteraves (revient de leurs betteraves après un passage à la sucrerie) et de la luzerne déshydratée de leur coopérative Tereos. La machine, pilotée par un smartphone, fonctionne seule.

La ration distribuée est différente en fonction des endroits et le robot refait le plein sans personne et en silence.

« Nous gagnons un temps important. Seule la distribution de foin, produit à Crécy-la-­Chapelle (Seine-et-Marne), se fait encore à la main, mais les balles sont déposées dans le couloir central en tracteur », note Mathilde Reygrobellet.

En cette période de l’année, la nurserie est aussi pleine de vie. 380 chevreaux sont attendus en six semaines.

Si le colostrum est toujours donné au biberon, une machine mélange poudre de lait et eau chaude automatiquement en fonction des sollicitations des jeunes qui tètent à la demande au fil de la journée.

Côté salle de traite, une grosse innovation offre un gain de temps considérable : le roto-traite qui permet de brancher quarante-deux chèvres en même temps. « Un chien électrique, à savoir une barrière électrique suspendue, les pousse vers la salle de traite qu’elles intègrent une à une. Une auge avec de l’aliment les attire et permet à la contention de se mettre en place », explique l'éleveuse.

Le décrochement se fait automatiquement, normalement au bout d’un tour. Avec ce nouvel équipement, chacune des traites dure moins d’une heure, ce qui a permis d’en décaler les horaires.

Le bâtiment a également été pensé pour maximiser les économies d’énergie. Des panneaux photovoltaïques sont installés sur les toits de l’élevage et de la nurserie et des doubles circuits sont en place pour refroidir le lait.

Le lait chaud rencontre de l’eau froide, réduisant ainsi l’énergie nécessaire pour abaisser sa température à 10 °C. Quant à l’eau tiédie, elle est utilisée pour les animaux. Le même système équipe la fromagerie.

Quant au tank à lait, prévu pour deux traites, il est surélevé. Ainsi le lait arrive par gravité dans la fromagerie où se déroule la transformation quotidienne du lait en fromages et yaourts. Afin de travailler en pleine transparence, les visiteurs et clients pourront voir ce qu'il s’y passe à travers de grandes fenêtres.

Ces baies vitrées sont également voulues dans l’objectif, à terme, de faire de l’accueil à la ferme. Le sérum, sous-produit du lait, est valorisé dans un méthaniseur du secteur. Sont contiguës une salle de lavage et de stockage du matériel propre.

Concernant la nouvelle boutique*, accolée à un point accueil déjà prévu, les horaires ont évolué. Une personne sera dédiée uniquement à la vente des produits de la ferme et de voisins (épicerie avec produits secs pour l’instant et jus de pomme de la Ferme de la Vallière).

Enfin, le site est également autonome au niveau du traitement des eaux blanches. Étant éloignés de l’assainissement collectif, les exploitants ont opté pour un bassin avec filtres à roseaux.

Ce projet, Mathilde, Clément et Bertin l’ont en tête depuis 2016.

Les anciens bâtiments arrivant en bout de course, il leur était impossible de s’agrandir. Si le bâtiment est prêt depuis fin 2019, les finitions ont pris du retard en raison de la crise sanitaire.

Et pour la fin de l’année, ils ont un nouveau projet : proposer une tomme afin de mieux valoriser le lait estival quand la clientèle est en vacances avec un fromage qui s’affine, dans l’objectif de le mettre à la vente pour les fêtes.

*Horaires de la boutique, ouverte de mars à mi-décembre : le mercredi et le vendredi de 16 heures à 19 heures et le samedi de 9 heures à midi.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

S'abonner
Pour profiter de l'intégralité du contenu de notre site Internet, recevoir votre journal papier dans votre boîte aux lettres…
Publiez votre annonce judiciaire et légale
Le journal Horizons dispose d'une plateforme en ligne dédiée à la saisie des annonces judiciaires et légales, accessible à tous…
Incendie : la nouvelle unité de production des chips Belsia détruite 📹
« En une heure, on n'a plus rien », se désespère Matthieu Maisons, les larmes aux yeux. De fait, il ne peut que…
Vendredi 22 mai, à Villemaury. Mathieu Peters (à d.) a expliqué tous les ressorts de la Frasem, entreprise qu'il dirige avec son père Frédéric.
Le comice de Châteaudun lancé par une série de visites sur le territoire
Les traditionnelles visites pré-comice Perche et Dunois se sont déroulées vendredi 22 mai. Une centaine de personnes a ainsi…
Le Smic est revalorisé à compter du 1er juin
À compter du 1er juin 2026, le Smic fait l’objet d’une revalorisation automatique de 2,41 %, portant le taux horaire brut à…
Jeudi 7 mai, à Vallières-les-Grandes. Sylvain Boiron, éleveur caprin, a expliqué les problématiques de la filière en Loir-et-Cher lors de la visite du préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet.
Le préfet de Loir-et-Cher à l’écoute de la filière caprine
Initiées au mois d’octobre dernier, les visites d’exploitation de Joseph Zimet, préfet de Loir-et-Cher, se sont poursuivies jeudi…
Publicité